Persea 1

 Persea 2

Récitsd'un voyageur de l'Astral

Le corpshors du corps...

 Je me rappelerai toujours cette fameuse soirée d'avril où, m'étant abandonné à cet état qui est à la frontière de la veille et du sommeil, je me vis soudain étendu sur mon lit.

Comment décrire les impressions d'un être qui se voit pour la première fois de l'extérieur ?

Non, je ne parle pas d'une projection sur un écran de cinéma ou de télévision. Cela, chacun en a déjà fait l'expérience. Elle n'est pas, d'ailleurs, toujours très agréable : n'est pas photogénique qui veut ! Quand je dis se voir de l'extérieur, je veux dire se voir... en chair et en os !

Lequel est moi ? Suis-je lui ou moi ? Sommes-nous moi ? En un éclair, ces questions fusent dans l'esprit.

Le choc des premières secondes passé, on en vient à se demander si la mort ce n'est pas cela, si l'on a pas franchi la porte et, en se regardant ainsi les yeux clos, les membres abandonnés nochalamment, on se prend à penser qu'on est pas bien beau.

Un peu inquiet, on continue de se demander qui on est. "Je ne suis pas lui, puisque je le regarde !"

C'est alors qu'on s'aperçoit qu'on est qu'une paire d'yeux qui voient l'autre qui est allongé, mais qu'on est aussi un corps, qu'on est nu comme un ver et que ce corps se met à flotter à droite et à gauche, de bas en haut, comme s'il venait d'absorber quelques bonnes doses d'alcool. Et puis, brusquement, dans une secousse, tout est terminé. On se trouve être lui, ce corps gauche et pas trop asthétique allongé sur le lit. Combien de temps cela a-t-il duré ? Une minute probablement, deux tout au plus.

En lisant le prologue de ce livre, beaucoup m'auront pris pour un illuminé. Quand un être ne peut en comprendre un autre, il a tôt fait de dire que celui-ci est fou ou qu'il fabule. Pourquoi ne lui viendrait-il pas à l'idée qu'il ne parle pas la même langue que lui ?

Lorsqu'un Chinois s'adresse à un Français, le Français ne traitera pas le Chinois de fou parce qu'il ne peut saisir le sens de ses paroles ! De la même façon, un étudiant en Lettres ne traitera pas de fou l'auteur d'un traité de Mathématiques supérieures parce qu'il ne parvient pas à comprendre son ouvrage.

Alors, indiquons tout de suite au lecteur quelle sera notre longueur d'ondes.

Cet ouvrage, pour les raisons qui ont été exposées dans les premières pages du livre, se propose de traiter des choses de l'Esprit, des origines et des devenirs de l'homme.

Quel rapport entre tout cela ? me demanderez-vous. Il y en a un, vous pourrez en juger.

En abordant les choses de l'Esprit, on en vient nécessairement à aborder tôt ou tard les religions ; c'est pourquoi cet ouvrage tentera de combler, selon les modestes possibilités de ses auteurs, le fossé qui sépare encore ce que l'on appelle la Tradition orientale et la Tradition occidentale. Pour cela, un moyen a été mis à la disposition de l'un puis des deux co-auteurs de ce livre. Ce moyen, je l'appellerai la sortie astrale.

Il peut être considéré comme une technique et j'en ai décrit les premier effets ci-dessus. Ce qui fut accompli un soir d'avril, accidentellement, peut être répété à souhait, et a été effectivement répété.

Que l'on n'accuse aucune drogue, aucun des auteurs n'en connaît le goût. Il s'agit, je le répète, d'une technique. Cela s'apprend de la même façon qu'on apprend à lire ou à rouler à bicyclette, c'est-à-dire avec un peu de volonté et de patience.

Ce livre relatera donc une série de sorties astrales qui, espérons-le, lèveront quelque peu le voile qui couvre certains problèmes cruciaux pour l'humanité ou, plus simplement, pour l'homme lui-même.

Daniel Meurois & Anne Givaudan

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