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| Les portes du Temps se sont défoncées d'un coup, en l'espace de deux journées folles et enivrantes... Puis, pendant une pleine année, jour après jour, j'ai eu à nouveau accès, en pleine lucidité, à la mémoire qui se cache derrière elles, un petit pan de cette mémoire, évidemment. Pourquoi cela ? Afin de vous conter une histoire simple et belle qui, sans qu'on le sache, a impressionné l'inconscient de notre humanité. Pénétrer dans la Mémoire du monde, dans ce qu'il est convenu d'appeler les "Annales Akashiques" nécessite, on s'en doute, une discipline personnelle et une technique de travail dont j'ai déjà parlé dans mes livres précédents et ceux co-écrits avec Anne Givaudan. Elle demande également et surtout une capacité naturelle. Le phénomène se présente sous la forme d'une série de "visions", bien que le mot "visions" suggère habituellement l'impression de quelque chose de flou et d'incontrôlable qui s'impose à un esprit mystique et deconnecté du réel. Ce n'est absolument pas le cas ici. Chaque vision, chaque lecture des images du passé à laquelle j'ai eu accès, a résulté d'une volonté de ma part et s'est montrée, à chaque fois, extrêmement précise. Bien sûr, parler de compulser le Livre du Temps n'a rien qui puisse convenir à un esprit rationnel de notre époque. Peut-être qu'un siècle à venir verra les choses tout autrement en les regardant avec une logique mathématiquement défendable. Quant à moi, prouver l'authenticité de mon récit n'est pas mon propos. Je n'ai pas d'autre intention que celle de vous livrer, le plus honnêtement possible, le contenu de mon vécu, un vécu qui a emmené ma conscience actuelle dans l'Egypte pharaonique du temps d'Akhenaton. Mon travail est, par conséquent et avant tout, celui d'un témoin. Il ne s'appuie sur aucun document déjà écrit à ma connaissance. C'est en quelque sorte un reportage vieux de près de trois mille quatre cent ans, une chronique dont l'Amour dans toutes ses dimensions est la pièce maîtresse. Il ne s'agit donc absolument pas d'un roman, même si cet ouvrage peut se lire comme tel et même s'il sera plus confortable pour certains de croire ce texte sorti de l'imagination d'un écrivain. Ce récit conte une vie qui fut mienne en un lointain passé car les circonstances ou les nécessités ont voulu que la mémoire s'en déverrouille spontanément en moi. Bien sûr, en affirmant cela, j'ai conscience de pénétrer en plein hérétisme... tout au moins dans notre contexte occidental. Mais après tout, qu'importe ! Il y a des choses qu'un être humain ne peut garder pour lui seul et tant pis si certains se moquent de lui ou le montrent du doigt. C'est donc vraiment de réincarnation dont il est question ici, bien que ce livre ne soit pas un ouvrage parlant de la réincarnation. D'abord et avant tout, la Demeure du Rayonnant est une oeuvre de témoignage, celui d'un homme ayant vécu des choses émouvantes et graves dans un contexte qui a ensemencé un idéal sans doute fondamental pour l'histoire de l'humanité. On me dira que, comme tout témoignage, il présente une forte part de subjectivité. C'est bien possible, car cette histoire est issue d'une sensibilité humaine et non d'une machine. Mais une machine elle-même agit-elle avec une totale objectivité ? S'il s'agissait d'une caméra dirigée vers un événement, il aurait néanmoins fallu la présence d'un opérateur pour choisir l'angle de prise de vues. L'image recueillie ferait ensuite l'objet de coupures pour en extraire un montage correspondant à une intention précise. Alors, qu'est-ce que l'objectivité ? Dans le cas présent, serait-ce les textes historiques mis à jour par les égyptologues ? À mon sens, pas davantage. Pas davantage, parce que chacun sait que dans le cas du règne d'Akhenaton, "le pharaon ivre de Soleil", les documents sont rares et contestables. On sait pertinemment bien que les souverains qui lui succédèrent s'appliquèrent à éliminer le plus possible la trace de son passage en faisant détruire ou truquer tous les textes et les oeuvres d'art de son règne avant de raser totalement la ville d'Akhetaton. Un historien, aussi honnête soit-il, étudie et écrit, lui également, dans un contexte présentant des éléments de subjectivité. D'abord parce qu'il est un homme, avec sa psychologie personnelle et sa sensibilité, ensuite, parce qu'à son propre insu, il est conditionné par le contexte social, religieux, politique de son temps, par les regards et les idéologies en vogue au moment où il a étudié. D'autre part, il ne faut pas oublier que l'historien se base sur des éléments dont les auteurs, les témoins de l'époque, ne sont pas nécessairement intégralement fiables. Pourquoi ? Parce qu'ils étaient eux aussi, des humains, avec leurs intérêts du moment, leurs informations tronsuées, leurs possibilités de se tromper et même parfois leur volonté idéologique de fournir des données erronées ! Tout comme les chroniqueurs ou les médias de n'importe quelle époque et de n'importe quel pays... Ce travail, que j'ai voulu aussi objectif que possible, relève donc, j'en suis bien conscient, de ma propre sensibilité et de l'angle de prise de vue qui a été le mien. La même histoire aurait eu une saveur, une coloration bien différentes si elle vous avait été contée, par exemple, par Mayan-Hotep ou Isia-Lisia, deux de ses personnages centraux. Quant aux dialogues, le lecteur est en droit de se demander d'où ils viennent réellement et quelle est leur précision. Là encore, je ne me suis pas permis d'y modifier quoi que ce soit. Les paroles retranscrites sont celles que j'ai recueillies textuellement au jour le jour, au fil des visions. (Il se passe alors un phénomène étonnant. Tout en recevant les mots dans la langue de l'époque, un mécanisme dans ma conscience les traduit automatiquement avec mon vocabulaire d'aujourd'hui.) Je me suis donc juste autorisé à y pratiquer des coupures, tout comme j'ai sélectionné des événements significatifs parmi la multitude de ceux que j'ai revécus. Si cela n'avait pas été, ce livre aurait peut-être deux ou trois mille pages et serait totalement indigeste. Le travail de l'écrivain que je suis a donc aussi été celui d'un metteur en scène qui décide, une fois le tournage terminé, de supprimer ou pas certaines scènes lors du montage. Pour ce qui est de l'orthographe des noms propres, j'ai pris le parti de la retranscrire phonétiquement, comme mon oreille intérieure la recevait, hormis celle, évidemment, que l'Histoire officielle a déjà figée. Il reste à dire que rédiger une oeuvre de ce type ne laisse pas intact son auteur. En d'autres termes, je puis avouer que le revécu de cette histoire et l'écriture d'un grand nombre de passages m'ont profondément ému et ont véritablement remodelé quelque chose en moi. Mon regard sur la Vie s'en trouve aujourd'hui élargi, me semble-t-il. Mon amour dela Vie aussi, mon besoin de tendresse, de donner et de recevoir, ma volonté de compassion enfin. J'ai souhaité, par les mots imprimés, transmettre cette vision et cet Amour au plus grand nombre possible, non pour me soulager d'une charge émotionnelle, mais afin d'ouvrir d'autres horizons à l'aube des grands changements que notre monde ne va pas manquer de connaître... Car l'histoire de la "Demeure du Rayonnant" n'est pas, comme on pourrait se l'imaginer, une histoire du passé. C'est un récit de maintenant qui nous renvoie à nos interrogations et à notre quête de toujours, avec un regard nouveau que je souhaite à chacun, un vrai regard de paix. |
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