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des prisons ou des ailes MÉMOIRES L'énergie que cet ouvrage transporte ouvre les portes de la mémoire du coeur. C'est elle qui permet la guérison de nos histoires passées, que nous sommes aujourd'hui à même de guérir. La guerre en nous peut se terminer instantanément car nous arrivons à un carrefour majeur de nos vies qui nous donne l'opportunité de cicatriser les plaies de nos histoires anciennes. Il est grand temps pour chacun de nous de pacifier avec ces mémoires qui à l'image des formes-pensées* encombrent nos circuits subtils et se répercutent sur notre corps physique sous forme de blessure ou de maladie et sur notre corps mental en influençant nos réactions que nous prenons souvent pour des actions. « Libre, "je suis libre" ou "je veux être libre de mes choix, de mes paroles, de mes pensées et de mes actes. » Combien sommes-nous à penser, à clamer ces mots et bien souvent à lutter pour cette liberté à laquelle, même si parfois nous la craignons, nous aspirons tous. Et pourtant combien sommes-nous à savoir que ce que nous croyons être un acte de liberté est trop souvent conditionné par nos formes-pensées et nos Mémoires du passé ? Tel Pinocchio, nous ne voyons pas les fils tirés par Geppetto et, lorsque nous nous risquons à rompre l'un d'eux, nous restons bien souvent dans un état de désespérance face à la difficulté d'actionner par nous-mêmes le pantin que nous avons été. Si je dis cela, c'est sans amertume, car au plus profond de moi je sais que nous avons tous voulu cet état de dépendance afin de retrouver consciemment une liberté qui cette fois, ne sera pas fictive ou illusoire mais un véritable retour à Soi. Cette Liberté reconquise, nous pourrons avancer sur notre route sereinement avec pour seul objectif : la liberté d'aimer. * Voir le livre Formes-pensées d'Anne Givaudan et Antoine Achram aux éditions SOIS. TABLE DES MATIÈRES 2ème PARTIE: GUÉRIR I. GÉNÉRALITÉS Certains d'entre vous me répondront que ce ne sont pas les Mémoires qu'il faut guérir et que de toute façon il ne sera pas possible de les effacer, ce qui est tout à fait exact. C'est pourquoi nous allons visiter ensemble le monde des Mémoires et plus précisément celles qui laissent des blessures non guéries, celles qui nous font réagir au lieu d'agir et qui nous mettent régulièrement face à ce que nous aimerions justement éviter. Nous n'effaçons pas une mémoire Une énergie ne disparaît pas des plans subtils. Nous pouvons cependant guérir les séquelles que cette mémoire a laissées en nous, depuis un temps plus ou moins long, qui peut aller de quelques années à quelques millénaires. Cette guérison sera à même d'avoir une répercussion immédiate sur notre Présent et c'est ce que nous souhaitons tous Il est des Mémoires qui nous animent, nous régénèrent, et nous font penser que la Vie mérite bien toute l'attention qu'elle nous demande, je ne parle pas de celles-là. Il serait cependant mal venu de les passer sous silence. Ce sont elles qui nous aident à vivre, lorsque notre ciel de Vie nous semble bas et lourd, lorsque tout s'obscurcit à l'horizon et quand l'envie nous prend de baisser les bras. Lorsque nous sommes loin de notre port d'origine, pour diverses raisons, et que notre enfance s'éloigne un peu plus au fil des années, ballottés par la Vie, notre caractère s'aigrit. C,est alors qu'à l'instant où nous nous y attendons le moins, l'odeur ou le goût d'un plat que faisait notre mère, le parfum d'une inconnue croisée dans la rue, un chant entendu dans notre enfance, réveille un moment de bonheur où la vie n'avait pas encore creusé de sillons dans notre âme, et où l'insouciance nous habitait. À cet instant magique,
les souvenirs affluent, doux, apaisants, joyeux, ou réconfortants,
nous sommes revenus au temps où tout semblait si simple.
Nous ne sommes plus vraiment ici mais, là-bas, dans cette
mémoire ravivée qui inscrit en nous un bien-être
que nous pensions perdu. Certains centres de soins palliatifs possèdent une cuisine où la famille de celui ou de celle qui s'en va, peut se préparer un repas tout en restant près du malade. Lorsque le plat est celui que le patient aimait dans son enfance, il se passe une alchimie subtile qui le met instantanément dans un état de bien-être. Le plat agit comme déclencheur de souvenirs heureux qui, en un instant, permettent à la personne en fin de vie de se soustraire aux difficultés de sa vie présente. Ce dont je souhaite vous entretenir
dans cet ouvrage, c'est essentiellement de ces autres mémoires
: Toutes ces mémoires auxquelles notre âme ne veut plus échapper, sachant que sa libération passe par la résolution de leur empreinte. Nous sommes tous, sans exception, habités de multiples mémoires, certaines plus encombrantes que d'autres. Ces mémoires sont telles des valises remplies de linge usé dont nous ne savons que faire et qui cependant nous suivent où que nous soyons. Elles sont innombrables et de diverses origines, elles siègent toutes en nous et nous rappellent leur présence selon les circonstances de la vie. Avoir une connaissance plus précise de ce qui nous compose, nous donne l'opportunité aujourd'hui de soigner, réparer, guérir ce qui nous donne la désagréable sensation que le monde avance sans nous, tandis que nous stagnons sans comprendre pourquoi. Nous allons donc, pas à pas, essayer de traverser cette forêt qui semble tellement dense, que l'on pourrait craindre de s'y perdre. Quelles sont ces diverses mémoires
que nous transportons ? Voilà les différents éléments qui me semblent essentiels au chemin que nous allons parcourir ensemble. RÉSUMÉ II. NOS DIFFÉRENTES
MÉMOIRES Sri Aurobindo (dans Records
of Yoga, 11 janvier 1914, Ashram Press, 2001 Traduction française
à paraître en 2009) écrit à ce propos
: Samskara signifie « impressions, formations mentales, notions fixes, réactions habituelles formées par notre passé ». Ce sont toutes les choses qui nous enchaînent, nous rendent esclaves, malades et qui nous lient au passé mais aussi de vie en vie. Elles se trouvent sur trois niveaux inférieurs de l'être : le mental, l'émotionnel et le physique avec leurs subconscients respectifs les trois plans sont imbriqués et s'influencent les uns les autres, ils sont universels autant qu'individuels, avec des résonances personnelles en chacun de nous. Les habitudes du corps, les sensations, le vieillissement et la mort sont du même ordre et toutes associées à des samskaras. On peut dire que la maladie, la vieillesse et la mort sont le manque de souvenir de notre nature divine, oubli (avidya) imposé par le processus même de la création, mais qui n'est pas inéluctable. Certainement, un être
humain est essentiellement composé de mémoires
échelonnées sur de nombreux niveaux. Ces mémoires
génèrent toutes sortes de mouvements associés,
désirs, attentes, peurs, ambitions etc. pour les mémoires
de nature inférieure, mais aussi une aspiration au vrai,
au beau, au vaste, au divin, pour la mémoire de la nature
supérieure. La naissance dans une famille riche ou pauvre, musulmane ou hindouiste, chrétienne, athée, bouddhiste ou encore juive, ne laissera pas les mêmes traces en nous. De même, que nous soyons
attendus, voulus, rejetés, ou que nous arrivions au mauvais
moment, fera toute la différence. Notre terrain de base, notre environnement crée déjà l'impact qui nous permettra, quel qu'il soit, d'être et de devenir ce que nous sommes. Nos traumatismes oubliés ou non, notre naissance, notre avant-naissance, notre enfance, toutes ces mémoires se rassemblent en nous. Ajoutons à cela les mémoires de nos parents, de nos grands-parents, leur vécu, leurs capacités ou incapacités, notre pays avec ses paysages et ses musiques, notre race de persécuteurs ou persécutés, de serviteurs ou de guerriers et nous mesurerons l'étendue de ce qui agit encore en nous aujourd,hui. Nous serons tour à tour des guérisseurs, des guerriers, des chercheurs, des victimes ou des tortionnaires. Les cartes sont données, mais le Jeu n'est pas fait, ni perdu ni gagné, il est entièrement à faire. Alors, à nous de jouer L'HISTOIRE DE LÉA Curieusement, elle trouve toujours des partenaires qui sont peu fiables, inconstants et sur lesquels elle ne peut absolument pas compter. Attentive, elle cherche le pourquoi de cette histoire et découvre peu à peu que cette situation sentimentale n'est pas uniquement la sienne mais aussi celle de sa mère et de sa grand-mère maternelle. Plus loin dans les générations, elle n'en sait rien car elle n'a jamais fait de recherches dans ce sens. Elle se souvient que sa mère pleurait souvent en attendant un mari absent qui rentrait tard et parfois passait la nuit dehors. Elle entendait maman lui dire combien les hommes étaient peu fiables, tandis que dans son coeur de petite fille, elle se promettait de ne jamais faire confiance aux hommes qui rendaient les femmes si tristes et si dépendantes. Elle se remémora les
disputes entre ses parents et combien elle redoutait le retour
de l'homme qui était son père et qui terrorisait
sa mère lorsqu'il avait bu plus qu'à l'habitude. Au fil des souvenirs, Léa se souvenait et ce qu'elle entendait était terriblement angoissant pour une petite fille qui ne connaissait pas encore grand-chose de la vie. Léa se rendait compte
à présent combien elle avait été
marquée par les histoires sentimentales de ses parents
et grands parents et surtout comment elle reproduisait fidèlement
des mémoires qui ne lui appartenaient pas. Elle imitait
fidèlement ce qu'elle croyait être la vie de sa
mère et de sa grand-mère tandis que dans sa tête
son père gardait le mauvais rôle. Bien ou mal, ce n'est pas le sujet ici car il s'agit plutôt de comprendre comment et pourquoi nous fonctionnons en croyant être libres, alors que nous ne faisons que tourner en rond dans notre passé. 2. LA MÉMOIRE DE
RACE Cependant, si nous naissons aujourd'hui dans l'un ou l'autre camp, nos mémoires et par conséquent nos réactions quotidiennes en portent l'empreinte. NIRMALA Lorsque Lætitia a 6 ans, elle danse, mais sa danse est différente de celles des autres petites filles de son âge. C'est une danse que ses parents ne connaissent pas, mais une tante de la famille qui a voyagé en Inde leur assure qu'il ne peut s'agir que d'une danse indienne. La petite fille prend des cours de danse et son professeur est étonné de la rapidité avec laquelle elle apprend. Ses gestes sont aussi précis que ceux d'une danseuse indienne expérimentée et la petite fille grandit en faisant l'admiration de ses professeurs et en aiguisant la jalousie de ses condisciples. Elle est tellement passionnée par son art qu,elle demande à ses parents de l'envoyer dans une école indienne. Ceux-ci n'y voient pas d'inconvénient à la seule condition qu'elle continue parallèlement des études plus protocolaires. Pari tenu, la jeune fille passe
la moitié de son temps dans les grands temples de la danse
en Inde du sud et l'autre partie en cours par correspondance. C'est lors de l'un de ses voyages en Inde qu'elle fait la connaissance d'un sage qui lit sur des livres très anciens, en feuilles de palme. Il a pour habitude de lire dans ces feuilles des pans de vies passées et il y voit aussi de possibles futurs. Lætitia qui, à présent, a reçu le nom initiatique de Nirmala, attend avec impatience ce que va lui dire celui qui lit dans les feuilles de palme. Sans trop d'étonnement,
elle entend la confirmation de ce que confusément, elle
pressentait déjà : La jeune femme aujourd'hui
enseigne la danse indienne à Paris, elle continue ses
recherches à l'université et fait de longs séjours
en Inde où elle est reconnue comme l'une des plus grandes
danseuses de l'Inde du Sud." |