Ce clou que j'ai enfoncé
Une exploration du sentiment de culpabilité...

"C'est une bien poignante et troublante histoire que la Vie m'a chargé de ressusciter entre les pages de ce nouveau livre que je vous présente. Poignante parce que témoin d'un destin exceptionnel et troublante parce que venant incontestablement rejoindre chacun de nous au sein même de ses fragilités et blessures fondamentales.

Si le sentiment de culpabilité en constitue le thème central, le mal de vivre en est aussi le pivot. C'est à ce titre que, malgré un contexte historique éloigné du nôtre, j'ai tenu à m'y plonger afin d'y recueillir un enseignement aussi vivifiant et actuel que possible.

Quelques mots, d'abord, sur les circonstances qui m'ont permis la rédaction d'un tel ouvrage. Tout commença par la rencontre, au niveau de l'âme, avec une présence cherchant à me communiquer le tracé significatif de son évolution.

Le contact eu lieu à de nombreuses reprises sur plus d'une année, directement, de conscience à conscience. M'ouvrant son coeur sans réserve, l'être qui s'est ainsi confié à moi m'a donné libre accès aux images, aux pensées et aux paroles jusqu'alors contenues dans sa mémoire profonde. C'est le livre de sa mémoire akashique que j'ai donc consulté et dont je me suis imbibé afin d'en extraire la moelle apaisante.

Précisons tout de suite que celui qui s'est ainsi livré dans sa vérité la plus totale n'est pas présentement incarné. Si j'ai choisi d'employer le "je" pour la rédaction du témoignage dont il avait à se décharger pour le bien de tous, c'est en plein accord avec lui. Il s'agit d'un choix d'écriture visant à créer le lien de proximité et d'intimité indispensable à ces confidences que l'on se fait parfois, d'âme à âme et qui font grandir.

Être l'artisan d'une telle tâche a constitué pour moi, je vous l'avoue, une réelle expérience de compassion. C'est cette compassion, dans toute sa richesse, que j'espère pouvoir vous communiquer.

Il y a incontestablement, en chacun de nous, un peu de la blessure originelle du héros de ce récit. Je devrais plutôt dire du antihéros de cette quête d'amour qui nous renvoie à nos questionnements les plus secrets.

Certains objecteront que la nature de leurs propres difficultés et, eventuellement, de leur sentiment de culpabilité est totalement étrangère à celle de ce "personnage". Certes.... Mais qu'ils ne s'y trompent pourtant pas. Derrières les événements évoqués ici, la racine maîtresse et le développement du sentiment de mal-être propres au coeur humain sont activés par les mêmes ferments et dépendent des mêmes ressorts. Ils font appel aux mêmes leviers dans les multiples sphères de la conscience et du corps.

Aujourd'hui plus que jamais, il m'apparaît que ce n'est pas tellement un événement en tant que tel, c'est-à-dire "à l'état brut" qui laisse son impact au fond de l'être au point d'initialiser un sentiment de faute ou, globalement, de souffrance. C'est l'importance que l'on accorde à cet événement au plus intime de soi et que l'on nourrit à mesure que le temps passe. Ainsi s'opère progressivement le travail de sape...

Bien des vies anonymes et sans bruit sont mangées par une telle réalité. C'est de cette façon que les enfers personnels de bon nombre d'entre nous s'échafaudent. Le non-amour de soi est une véritable lèpre qui ronge l'humanité.

Une question se pose... Faut-il connaître l'origine d'un sentiment de culpabilité ou d'un mal de vivre pour venir à bout de celui-ci ? La lucidité et la connaissance sont toujours des outils, c'est évident... Cependant, le véritable désamorçage d'une souffrance naîtra certainement d'une zone de simplification qu'il nous appartient d'atteindre au centre de nous-même. C'est là également que réside le propos de cet ouvrage... Aucune guérison ne s'opère tant que l'on gratte ses propres plaies par la seule action du mental qui dissèque.

Aussi incitatif à la réflexion que puisse être ce témoignage, il ne remplira donc sa fonction désinfectante que s'il est accueilli avec la sensibilité caractérisant le coeur.

Au-delà des histoires de vie et des décors qui en constituent la matière, il se veut, avant tout, prétexte à une profonde réflexion sur nos mécanismes internes, sur les besoins vitaux de notre âme puis sur l'urgence de nous prendre en main.

Apprenons à respirer la vie différemment et, dans le même élan, réapprenons à nous aimer... Telle est, sans doute, l'une des leçons majeures à intégrer tout au long des pages de ce livre. Sortir de la dualité, ne plus étiqueter ni juger en sont d'autres, non moins importantes. Bien sûr, entre les lignes, ce sont aussi toutes les notions de responsabilité, de karma, de destin et de nécessité qui sont ici abordées.

Je me souviens - comme beaucoup certainement - du "mea culpa" de mon enfance, de ce geste par lequel on se frappait par trois fois la poitrine en bissant les yeux. Durant des générations et des générations, il a indiscutablement mis de l'huile dans le terrible engrenage qui, tout autant que des coupables, n'a cessé de faire de nous des victimes, des femmes et des hommes éprouvant toutes les difficultés du monde à conjuguer les verbes aimer, pardonner et réconcilier avec simplicité, spontanéité et sans arrière-pensée.

Il est temps, me semble-t-il, de le gommer de nos gênes en décidant, seul et collectivement, d'adresser un grand sourire réparateur au germe secret et sacré de la vie qui palpite en nous...

D'où vient-elle cette vie ? S'il est vrai que sa source est divine, pourquoi, alors, persister à la malmener ainsi ? Au lieu de grossir l'invraisemblable foule de ceux qui ne la reçoivent puis ne la subissent que comme un cadeau empoisonné, pourquoi ne pas "renverser la vapeur" de nos attitudes et donc de notre rapport avec elle ?

Le fameux "Je n'ai pas demandé à naître" perd tout son sens dès lors que l'on se donne la peine de reprendre pouvoir sur nous-mêmes en n'accusant plus les mille circonstances de l'existence - parents, relations, événements, fatalité et malchance confondus - d'être responsables de la multitude de nos maux.

Nous sommes ce que nous voulons bien faire de nous... et ce que nous acceptons que la société fasse de nous.

Un apprenti est-il coupable de son état d'apprenti ? Certainement pas. Cependant, il en est responsable.Responsable de ce qu'il en fait, au fond de son coeur tout comme dans la paume de ses mains. S'il n'en fait rien, il y a fort à parier qu'il en devienne la victime incomprise.

C'est dans ce piège autant que dans l'autre, celui d'une culpabilité congénitale que, j'en suis convaincu, nous sommes tombés depuis des temps immémoriaux. Le malheur se cultive facilement, surtout si la terre de notre fond d'âme est laissée en friche.

Nous en avons semé à la volée de pleins champs de ces graines de tourment... et trop récolté aussi pour ne pas réagir enfin, maintenant. Notre "péché originel", si l'on tient absolument à cette formule, ne serait-il pas le sommeil de l'inaction, celui de l'asservissement ?

C'est avec joie et confiance que je vous livre donc le récit véridique de "Ce clou que j'ai enfoncé". Mon espoir est que celui-ci soit lu et compris comme une oeuvre thérapeutique. Quelque chose en moi sait déjà qu'il agira à la façon d'un remède homéopathique.

Tranquillement mais sûrement, sa vocation est d'apaiser puis de guérir la nature du terrain de l'âme humaine dans son habit de chair.

Bonne méditation et bonne réconciliation ! "

Daniel Meurois